02 juin 2012

sur le chemin de retour

ALENTEJO

Serpa  la blanche (16 au 18 mai) : Nous arrivons dans un charmant petit village tout blanc. Après le début d’effervescence qui régnait sur la côte pour les préparatifs de la saison, l’intérieur parait complètement désert. Cette impression de village fantôme ne nous quittera que très rarement lors de nos visites de village. Nous trouvons un super petit camping en centre ville propre, joli et avec des prix défiant toute concurrence. Nous payons 11euros à 4 avec tout de compris. Sur le camping immense, il y a beaucoup de caravanes posées à l’année mais peu de monde en vrai. C’est aussi un camping fantôme. Les douches sont immenses ;  elles me rappellent les colonies de vacances avec plus de 100 enfants. En fin d’après midi, nous partons faire un petit tour dans la ville.

160 SERPA DU 16 AU 18 MAI (1)      160 SERPA DU 16 AU 18 MAI (4)

                                                                 cheminée du sud du portugal


Le lendemain, nous approfondissons notre visite. Il est dommage de trouver pratiquement toutes les églises fermées. Reste l’extérieur à admirer, les jolies ruelles blanches à parcourir et bien sur la citadelle ou le château qui domine le tout. Nous sommes proches de la frontière avec l’Espagne dans une région qui a connu de nombreux occupants et qui a toujours dû se défendre contre un éventuel envahisseur. Nous retrouvons dans l’architecture l’influence arabe, espagnole et portugaise.

 

160 SERPA DU 16 AU 18 MAI (9)  160 SERPA DU 16 AU 18 MAI (11)

 

Le soir arrive au camping, un couple d’autrichien alors que je me rends à la douche, nous convie à passer un peu de temps avec eux. Ils parcourent le monde en camion,  en vélo ou à pied. Dernièrement, ils étaient sur l’Himalaya d’où il a joué de la trompette des alpes.  Devant mon incrédulité, il sort son instrument télescopique et  joue des airs des alpes sous le ciel étoilé du Portugal, un vrai instant de magie. Des campeurs intrigués sortent des tentes et nous voilà quelques uns à discuter  au milieu de ce camping trop grand.

Moura (18 mai) : Un village blanc des remparts, des ruelles un château et toujours personne dans les rues.

 

161 MOURA LE 18 MAI (1)   161 MOURA LE 18 MAI (4)

 

Luz  (18 au 19 mai): nous arrivons à Luz au bord du lac Aquelva , le plus grand lac artificiel d’Europe. Nous y trouvons une aire de service moderne  où seul un camping car portugais est présent. Nous nous posons avec eux, faisons connaissance et partons visiter le village et le lac.

Le village est désert, étrange, encore plus fantomatique que d’habitude. En poursuivant la visite, nous apprenons que le vrai village dort au fond du lac et que ce Luz n’est qu’une réplique du village originel. Voilà pourquoi ce sentiment ; le village a perdu son âme qui est restée au fond du lac. La blessure est encore ouverte, elle transpire, elle suinte, un musée raconte le passé  que personne ne veut oublier, les maisons nouvelles sont inhabitées et à vendre, les déplacés préférant fuir leur souvenirs.

 Il faudra plusieurs années pour que ce lieu revive. Le lac, quant à lui, est gigantesque, magnifique, dommage qu’il porte en lui cette douleur.

Mourao : Un village blanc, des remparts, un château, des ruelles. Joli mais pas original.

 

162 MOURAO LE 19 MAI (1)  163 MAORON LE 19 MAI (1)

  163 MAORON LE 19 MAI (2)

 

Monsaraz(19 au 21 mai) : Nous sommes toujours au bord du lac mais en hauteur ce qui permet d’embrasser une vue panoramique sur les différents bras du lac. Le village est splendide, époustouflant, blanc avec des ruelles, des remparts, des églises ouvertes   et un château, les ingrédients de base de tous les villages du coin, mais avec en plus une atmosphère sereine, magique et reposante.

 

164 MONSARAZ DU 19 AU 21 MAI (15)  164 MONSARAZ DU 19 AU 21 MAI (3)

 

164 MONSARAZ DU 19 AU 21 MAI (12)                   164 MONSARAZ DU 19 AU 21 MAI (6)

 

Il est vrai que cette atmosphère tranquille est la signature du Portugal. C’est un pays pépère, on s’y sent bien partout, pas trop vite, pas trop fort, tout tranquille. Rien à voir avec son voisin, l’Espagne. Stéphane trouverait même cela un peu mort par moment. La ville a même dédié un parking au camping car. C’est royal. Nous surplombons le lac au pied de la ville, au calme, nous savourons ces moments de pur bonheur !

Evora   (21 mai): une grande ville (ou presque), des monuments  romains, des cathédrales, des châteaux, des remparts. La ville se parcours avec plaisir et facilité.

 

166 EVORA LE 21 MAI (1)    166 EVORA LE 21 MAI (3)

 

Nous nous régalons de poulet grillé la spécialité portugaise (frango grilhado) que nous avons adopté à l’unanimité.

Estremoz : cette ville se prononce  «  èchtrémoche », autant vous dire que cela nous a amusés tout au long de la visite. Ici aussi, on trouve un château, des ruelles blanches, des remparts, des églises fermées et un superbe point de vue. La municipalité a mis en place le wifi sur toute la ville, ce qui nous permet de relever nos messages. Il est assez aisé au Portugal d’avoir accès à un internet car toutes les bibliothèques sont équipées et ont le wifi gratuit. De plus, il faut noter que les bibliothèques portugaises sont magnifiques, bien équipées avec  un secteur multimédia et jeux mais aussi un coin détente avec une cafétéria, c’est un vrai lieu de vie,  pas un lieu où l’on doit se déplacer sur la pointe des pieds sous le regard mauvais d’une vielle dame à chignon et lunettes. Leurs bibliothèques sont des centres d’animations, des centres culturels avec lieu d’exposition et plus suivant la taille de la ville. Les supermarchés (pas très grands) sont aussi équipés d’une cafétéria et d’un bar à l’entrée, cela leur donne une ambiance bien particulière , un peu plus humaine que nos hyper centres , lieu de culte de la société de consommation.

Marvao  (21 au 24 mai): nous arrivons au bout de l’Alentejo avec Castelo de vide et Marvao, petit village blanc sur son éperon rocheux qui nous enchantera pendant notre séjour. Tout d’abord  des ingrédients (château, églises, remparts, ruelles, village) d’une beauté exceptionnelle, entretenus restaurés, bichonnés  et servis sur un plateau avec le sourire de tous les villageois à tous les touristes qui font halte en ces lieux. Un vrai régal.

 

168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (4)  168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (5)

 

168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (10)  168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (8)

 

L’infrastructure d’accueil pour les campings cars est aussi parfaite, une aire nouvelle, gratuite avec une vue à couper le souffle et des départs de chemin de rando.

 

168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (14)  168 MARVAO DU 21 AU 24 MAI (20)

une eglise                                                 fontaine le long du chemin de rando


Nous aurons la chance d’y rencontrer des personnes adorables. Un couple de breton et 2 couples de retraités portugais vivant en Alsace (leur accent est inimitable… et difficilement compréhensible).

Le soir, nous discuterons tous ensemble de politique. Cela fait si longtemps que cela ne nous était pas arrivé. De plus, c’est le genre de sujet que l’on évite  histoire de ne pas se mettre en froid avec nos voisins. Mais là, c’est extraordinaire tout le monde est d’accord, et même content que sarko ne soit pas réélu.

Nous échangeons nos bons tuyaux, les adresses des prochaines étapes et chacun reprend son chemin le lendemain.

 

LE CENTRE :

 Fatima : « Jeudi 24 à 17 h sur le parking de Fatima », tel était le contenu du SMS échangé avec la famille Berteau. Nous étions tous là le moment venu. Des cris de joie, les retrouvailles , le plaisir de se raconter nos parcours très différents au Portugal (ils ont suivis la côte et fait du body-board), les enfants  rejouent ensemble comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Ces retrouvailles  avec  la famille du voyage  nous permettent de retrouver ce gout du temps infini, du temps où on avait encore plusieurs mois devant soi avant le retour. C’est difficile pour tout le monde, l’idée de retour s’ancre petit à petit dans nos esprits, il devient peu à peu réalité, même si nous  refusons cette évidence.

 Le sanctuaire de Fatima est de style moderne ce qui nous a surpris car on s’attendait tous à plus  ancien avec de  vieilles icones dorées et des mosaïques abimées. Mais non, tout est neuf et contemporain. La place est inspirée de la place San Marco au Vatican mais en bien plus épurée.

169 FATIMA DU 24 25 MAI (7)  169 FATIMA DU 24 25 MAI (8)

 

 Les enfants sont intrigués par le chemin de croix qu’il faut faire à genou  (ce qui fait mal !!!).  

 

169 FATIMA DU 24 25 MAI (16)            169 FATIMA DU 24 25 MAI (12)

le chemin de croix vers la cathédrale       nous avons devalisé la banque de cierge

 

Il y a plein de bougies, d’encens  parfumant toute la place, et un morceau du mur de Berlin offert (la vierge  aurait prédit et voulu la chute du communisme). Et puis, une chapelle sur le lieu de l’apparition et les tombes de ses enfants bergers qui auraient vu la vierge ; Un style de Lourdes.

Autour du sanctuaire, il ya  plein de petites boutiques qui vendent  des vierges en plastiques modernes ou remplies d’eau,  des tenues religieuses  des chapelets et  plein d’autres  bibelots (les marchands du temple, quoi).

 

169 FATIMA DU 24 25 MAI (11)

 

Le soir venu, nous faisons un petit repas de fête sur le parking où nous passerons la nuit. Le lendemain, imbibés de spiritualité nous partons pour la visite du monastère de Tomar.

 

169 FATIMA DU 24 25 MAI (1)

le nouveau look de coco 

 

Tomar ; El convento de cristo, est un monument classé et il est vraiment magnifique, extraordinaire. De l’extérieur, il parait un peu austère, pas si grand que ça. A L’intérieur, quand on parcourt ses salles on est dans un vrai labyrinthe où les cloitres, les terrasses, les cours s’enchainent, tous aussi beaux les uns que les autres.

 

170 TOMAR LE 25 MAI (4)  170 TOMAR LE 25 MAI (13)

 

170 TOMAR LE 25 MAI (1)   la porte d'entrée de l'église

 

C’est ici que nos chemins se séparent. La famille Berteau fonce sur la France via Salamanque, ils doivent être le 7 juin en Belgique et nous nous partons vers Coimbra.

Coimbra (25 au 27 mai) : Après la nourriture spirituelle voilà la nourriture intellectuelle avec la ville des universités. Nous sommes sur l’aire de campings cars aménagée sur le bord du fleuve juste en face de la vieille ville. Le panorama est superbe avec ses collines verdoyantes et ses grandes bâtisses majestueuses. Notre voisin, un italien vivant sur place, nous offrira des pizzas « faites maison » du moins « faites camion » en guise de pot de bienvenu.

Une grande foire aux livres et artisanale est organisée sur les berges. Nous découvrons les ruelles et les monuments accrochées au flanc  du coteau. Il est dommage que tous les sites soient payants. De nombreux groupes des voyages organisés sillonnent la ville derrière leur guide brandissant un parapluie, un drapeau ou une antenne.

 

171 COIMBRA LE 25 AU 27 MAI (1)  171 COIMBRA LE 25 AU 27 MAI (5)

 

171 COIMBRA LE 25 AU 27 MAI (7)

 

171 COIMBRA LE 25 AU 27 MAI (8)     171 COIMBRA LE 25 AU 27 MAI (9)

Au détour d’une ruelle, nous assisterons à une démonstration de Fado, musique  si belle et si mélancolique. 

Sur les quais, nous retrouvons un grand bazar chinois ouvert presque tous le temps et affichant des prix cassés. Au Portugal, le lot de bazar chinois est impressionnant, toujours des bazars et toujours des prix bas.

 Le lendemain, nous partons pour la vallée de la Douro. En chemin, nous traverserons des paysages enchanteurs qui mériteraient d’être découvert autour de LUZO et sa forêt gigantesque, de VISEU et les méandres du lac et des rivières. Cela sera pour une prochaine fois, avec lisbonne et la cote atlantique.

LA VALLEE DE LA DOURO  et la DUERO (27 au 30 mai)

Peso da regua  : La Douro rappellerait la Dordogne ; un fleuve encaissé entouré de collines remplies de vignes et coulant par moment dans des gorges profondes. Nous nous posons  au bord de la Douro, sur un parking ou même l’électricité nous est offerte. Nous discutons avec nos voisins ,2 couples de retraités français sur le chemin de retour. Le lendemain, nous aurons avec nous un couple d’anglais qui fera un cours d’anglais aux enfants  et tout en anglais, avec le bon accent…

Pinhao, freixo de numao et Torre de Moncorvo, Mirando de douro : Nous suivons le cours de l’eau en recroisant régulièrement les anglais avec qui nous prendront l’apéritif le soir à l’étape à Torre de Moncorvo.( aire de camping car sympa avec douche chaude gratuite). Le paysage le long du fleuve est superbe. Il est impressionnant de voir où les hommes sont allés planter leur vigne et on devine l’effervescence qui doit régner dans cette région au moment des vendanges. Bref, c’est beau…

La vallée du duero en Espagne : Le fleuve continue en Espagne, il change de nom, la Duero et est toujours aussi beau. Nous le poursuivons sur plus de 100 km. Et puis les champs de culture intensive prennent le relais. Des champs immenses, des serres à perte de vue, des troupeaux  énormes, de quoi provoquer la rogne des paysans de l’hexagone. Et bien sur rien de très bio là dedans.

Le PAYS BASQUE :

Passés Pampelune, nous suivons le chemin de saint jacques de Compostelle à l’envers. Les panneaux sont inscrits en basque, les noms  des villes ne correspondent plus à celle de nos cartes. C’est aussi cela le voyage. De belles routes ondulent dans les forêts sur les flancs des Pyrénées, et ainsi nous arrivons à la frontière; Celle-ci n’est pas visible, unité du pays basque oblige seul la forme des panneaux nous indique un changement. Saint jean pied de port  apparait rapidement après s’être laissé glisser au fond des gorges…Nous trouvons l’aire de service pour camping car à coté du terrain de jaï alaÏ. Nous sommes accueillis par les 2 couples de retraités avec qui nous avions discuté à Peso da regua. Nous sommes invités à boire l’apéro pour fêter notre arrivée en France. Hic, le paysage n’est plus trop stable.

Nous réussissons à regagner notre camping car et c’est ainsi que nous passons notre première nuit en France depuis un an, légèrement enivrés par la route parcourue, par les paysages traversés mais aussi par l’apéro avalé. Les poteaux du terrain de rugby nous dominent et nous rassurent. Cela faisait si longtemps que Loïc n’avait pas galopé sur un vrai terrain… 

 

172 SAINT JEAN PIED DE PORT DU 31 AU 4 JUIN (1)

Le lendemain, passée l’euphorie des premières heures, l’humeur est moins joyeuse, nous parlons au passé, nous sommes déjà rentrés tout en étant encore loin. Déphasés, décalés, nous recherchons notre équilibre  dans ce nouveau passage. L’être humain étant doué d’adaptation, nous retrouvons  rapidement nos marques et partons à la découverte du village.

Saint jean pied de port, nom qui fait saliver les enfants (toujours autant fâché avec l’orthographe), est un charmant petit village fortifié. Nous faisons la visite du chemin de ronde des ruelles et de la citadelle. Nous passons la journée à flâner et nous rencontrons des amis de la famille AKIlly parti pour 3 ans autour du monde que nous avions rencontré en Turquie. Il est amusant de voir comment le monde est petit…

Vendredi, nous décidons d’aller nous poser dans un petit camping pas très loin de là, histoire de se poser de prendre le temps et de faire quelques lessives. Nous voilà avec des petits chevaux basques, la piscine, le soleil et la rivière au pied du camping car. Le pied, ça y est c’est de nouveau les vacances !

 

172 SAINT JEAN PIED DE PORT DU 31 AU 4 JUIN (4)  172 SAINT JEAN PIED DE PORT DU 31 AU 4 JUIN (5)

Nous allons continuer à traverser les montagnes ainsi jusqu’à la maison où on devrait apparaitre le 10 juin à 17h, juste avant la fermeture des bureaux de vote. Nous sommes à moins de 300 km de la fin.

D’autres joies nous attendent ; les retrouvailles et le début d’autres choses…

 

Posté à saint jean pied de port, le 2 juin, 30°C, 26328 km au compteur.

Posté par Les 4 Peuch à 21:44 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur sur le chemin de retour

    Un retour mérité

    Bravo pour votre périple, il y a maintenant presque un an ! Vos aventures nous ont accompagné dans notre quotidien moins exotique, on se retrouve ce weekend à Loudenvielle pour préparer un retour tout en douceur...

    Posté par L'animal, 03 juin 2012 à 11:21 | | Répondre
  • Courage...

    Et nous alors ... Vous y pensez ??? Comment va-t-on faire pour progresser en géographie, découvrir d'autres paysages, d'autres cultures ?? non, vraiment, vous ne voudriez pas continuer un peu ?!
    Hihihi ! je blague, nous sommes tous ravis de vous retrouver en chair et en os. Et nous ferons en sorte que votre retour ne vous colle pas trop le cafard !
    Bises... à très bientôt !
    Il y a une poulette qui trépigne, je ne vous raconte pas !!!!! Inès, viiiiite, au-secours !!!!

    Posté par Bénédicte, 04 juin 2012 à 11:06 | | Répondre
  • merci !!!

    Bon courage pour ce retour a la réalité.
    Merci pour ces aventures passionnantes qui m'ont bien fait revées et qui m'ont accordées des moments d'évasion pour supporter le quotidien.
    Bises A bientot

    Posté par zazou, 13 juin 2012 à 13:58 | | Répondre
Nouveau commentaire